En 2006, la récolte régionale de bois rond s’accroît de près de 2 % dans un marché porteur avec des prix en nette hausse. Elle concerne surtout le peuplier et les résineux. De même, l’activité des scieries
augmente après plusieurs années de récession. La production de sciages reste toutefois insuffisante pour couvrir les besoins des utilisateurs. Les industriels des première et deuxième transformations du bois misent avant tout sur la valeur ajoutée aux sciages : fabrication de palettes et d’emballages, séchage.
La récolte de bois progresse
La récolte régionale de bois s’élève à 743 000 m3 de bois
ronds, soit un peu plus de 2 % de la récolte française. Ce
volume augmente de 1,9 % par rapport à 2005 et s’approche
du niveau record de 1990 qui était de 780 000 m3.
Le bois d’oeuvre concerne les deux tiers du volume d’arbres
abattus. Trois essences dominent et représentent 80 %
de la production : le peuplier (33,7 %), le pin maritime
(26,7 %) et le chêne (19 %). L’exportation ne représente
que 1,6 % de la récolte et concerne essentiellement les
feuillus tels que : chêne, hêtre, châtaignier… Le troisième
tiers est destiné à l’industrie (198 000 m3) et au bois énergie
(54 000 m3).
Contrairement à 2005, la hausse des prix du bois observée
en 2006 sur toutes les essences, tant en bois d’oeuvre qu’en
bois d’industrie, incite les producteurs à augmenter les
quantités de bois mises en marché. Cette tendance s’accentue
en 2007.
Une production déséquilibrée qui voyage
Le taux de boisement de la région est de 11 % (pour une
moyenne nationale de 28 %) avec une grande disparité en
surface et en type de boisement selon les départements. Le
Maine-et-Loire et la Sarthe rassemblent 75 % de la production
régionale, tandis que la Vendée en assure moins de
6 %. La récolte en peuplier, dont les qualités technologiques
sont reconnues pour le déroulage, se situe principalement
en Maine-et-Loire et en Sarthe à proximité de la Loire
et de ses affluents. La récolte en chêne de qualité est localisée
en Sarthe et au nord de la Mayenne. Celle du pin maritime
concerne surtout la Sarthe, le Maine-et-Loire et la
Loire-Atlantique.
Le secteur reste très concentré puisque 20 % des exploitants
récoltent les trois quarts du volume total. Le volume
produit par les exploitants ligériens est supérieur à celui
produit sur le territoire de la région, ce qui illustre leur dynamique
d’achat de bois hors région.
La récolte régionale de bois d’oeuvre couvre globalement
les besoins des industriels de la première transformation du
bois. On constate un excédent sur certaines essences : peuplier,
pin maritime, chêne (qualité merrain). A l’inverse, le douglas, le sapin, le pin sylvestre, le frêne et le merisier sont
déficitaires.
La récolte de bois d’industrie, très largement excédentaire,
approvisionne les usines de panneaux et de papier souvent
éloignées.
La concentration des entreprises du bois et leur spécialisation crée ainsi un flux de bois important, transporté uniquement
par la route sur l’ensemble du territoire national. Par exemple,
les besoins des scieurs du département de la Vendée sont
estimés à 180 000 m3 de grumes de bois par an pour une production
départementale de 32 500 m3.
L’activité du sciage se redresse également
La production de sciage de bois de pays augmente de 6 %
pour atteindre 211 000 m3 sans toutefois retrouver le niveau
record de 1990 (250 000 m3). Comme pour l’exploitation forestière,
trois essences dominent : le pin maritime, le chêne
et le douglas. Plus de 6 300 m3 de sciage de bois de pays sont
directement exportés par des scieurs. La production de sciages
de peuplier est faible (20 500 m3) car la majorité du bois
récolté (100 000 m3) est transformée par sept entreprises en
déroulage pour la fabrication d’emballages légers et de
contreplaqués.
Malgré une hausse en 2006, la production de sciage de pin
maritime qui a chuté de 30 % en dix ans ne parvient pas à
retrouver son niveau de 1996. Les scieurs délaissent cette essence
au profit de l’épicéa et surtout du douglas qui progresse
de 25 % et dont les qualités technologiques (durabilité naturelle)
sont unanimement reconnues. Le sciage de chêne en
hausse de 10 % par rapport à 2005 retrouve un niveau comparable
à la moyenne des dix dernières années. Cette hausse est
modeste au regard de l’intérêt que cette essence présente dans
certaines utilisations pour remplacer les bois tropicaux dont
l’importation au port de Nantes-Cheviré régresse sous la
pression de la forte demande chinoise sur le marché mondial.
La production totale de sciages, y compris celle en bois tropicaux,
est de 290 875 m3 et représente 3 % du volume national.
En revanche, 56 % de la production nationale de sciages
de bois tropicaux sont sciés à façon par quelques scieries de
la région pour les industriels de la menuiserie, de l’agencement,
du nautisme...
Les entreprises de première transformation du bois d’oeuvre
recherchent en priorité la création de valeur ajoutée puisque
65 % de leur production connaît une seconde transformation.
Ainsi, elles développent de plus en plus la fabrication de caisses,
de palettes, d’emballages industriels ou de sciages séséchés,
rabotés, traités, aboutés, collés ou de bois ronds fraisés
et traités. Ces activités utilisent plus de main d’oeuvre et permettent
aux entreprises d’afficher un niveau élevé de chiffre
d’affaires, estimé à 170 millions d’euros, au regard de leur
volume de sciage produit.
Après plusieurs années de baisse avec la perte de 16 % des
emplois en 6 ans, la situation de l’emploi se redresse. Même
si la région ne représente que 3 % du volume national de production
de sciages, sa part atteint 4,5 % du nombre d’emplois
du secteur scieries.
Avec une hausse de 8 % en 2006, les produits connexes s’élèvent
à 229 000 tonnes : 27 % en plaquettes, 14 % en écorces,
28 % en sciures et 31 % en autres chutes.
Sur le second semestre, on constate un net relèvement des
prix des sciages qui s’amplifient en 2007 (entre 8 et 40 % de mieux pour le résineux et 5 à 15 % pour les feuillus).
L’activité des scieries et dérouleurs se concentre chez huit
gros opérateurs qui dépassent le seuil de 10 000 m3, représentent
les deux tiers de la production régionale et emploient plus
de 40 % des salariés du secteur. La concentration est aussi géographique puisque la Vendée regroupe 37 % de la production
de sciages, la Mayenne 19 % et la Sarthe 11 %. Le département
de la Loire-Atlantique concentre la production de bois
tropicaux à proximité du Port de Nantes-Cheviré.
Trois particularités régionales
La fabrication de palettes et d’emballages
Les secteurs de l’agroalimentaire et de l’industrie, très développés
dans la région, consomment une quantité importante
d’emballages et de palettes. Ainsi, la production annuelle régionale
est estimée à environ 5 millions de palettes,
30 millions d’emballages légers et 80 000 emballages industriels.
Les entreprises de première transformation du bois
(scieurs et dérouleurs) produisent le tiers des palettes, 20 %
des emballages industriels et la totalité des emballages légers.
Le séchage de sciages
La région se caractérise par une forte proportion de bois sec
qui la situe au deuxième rang derrière l’Aquitaine. En effet,
avec à peine 3 % de la production nationale de sciage, les
scieries de la région produisent 15 % du volume national de
sciages séchés. Les trois quarts des entreprises significatives,
soit une trentaine, sont équipées de séchoirs artificiels (de 1 à
20 cellules selon leur capacité) et alimentent les industries de
la menuiserie industrielle ou du meuble, très présentes dans la
région. Douze d’entre elles sont équipées de chaudières bois
pour une puissance installée de 21 méga watt. Pour le quart
restant, l’investissement n’est pas utile puisque ces entreprises
produisent du sciage ou des emballages ne nécessitant pas de
bois sec.
L’importation de sciages
Les besoins de la région dans la construction et l’emballage
dépassent très largement la production régionale. Ils nécessitent
l’importation par transport routier et par bateau d’environ
350 000 m3 de sciages en provenance d’autres régions françaises
(Est de la France) ou d’autres pays (Allemagne, Finlande
et Suède).
Récolte de bois et production de sciage dans les Pays de la Loire en 2006
| |
Loire
Atlantique |
Maine et Loire |
Mayenne |
Sarthe |
Vendée |
Pays de la Loire |
2006/2005 |
France |
Récolte de bois d'oeuvre (en m3 récoltés) |
| Chêne |
12 909 |
13 334 |
14 793 |
46 619 |
5 825 |
93 480 |
-13,0% |
2 640 482 |
| Châtaigner |
199 |
3 359 |
3 703 |
6 281 |
890 |
14 432 |
3,0% |
260 055 |
| Peuplier |
9 461 |
77 513 |
9 931 |
50 682 |
18 006 |
165 593 |
6,3% |
1 393 151 |
| Autres feuillus |
1 018 |
2 699 |
4 100 |
13 243 |
271 |
21 331 |
18,6% |
1 560 540 |
| Total feuillus |
23 587 |
96 905 |
32 527 |
116 825 |
24 992 |
294 836 |
-0,2% |
5 854 228 |
| Pin maritime |
19 849 |
50 854 |
2 260 |
52 635 |
5 372 |
130 970 |
6,1% |
5 050 520 |
| Douglas |
1 100 |
2 513 |
5 542 |
7 113 |
413 |
16 681 |
-4,6% |
1 664 493 |
| Pin sylvestre |
3 686 |
2 077 |
521 |
8 634 |
1 607 |
16 525 |
8,1% |
1 065 366 |
| Autres résineux |
993 |
10 822 |
4 981 |
14 978 |
114 |
31 888 |
3,6% |
7 852 832 |
| Total résineux |
25 628 |
66 266 |
13 304 |
83 360 |
7 506 |
196 064 |
4,9% |
15 633 211 |
| Total bois d'oeuvre |
49 215 |
163 171 |
45 831 |
200 185 |
32 498 |
490 900 |
1,8% |
21 487 439 |
| |
Récolte de bois d'industrie et de feu (en m3 récoltés) |
| Feuillus |
950 |
10 212 |
3 729 |
25 109 |
633 |
40 633 |
-28,7% |
4 856 149 |
| Résineux |
8 463 |
42 903 |
10 943 |
66 210 |
5 073 |
133 592 |
-1,5% |
6 624 105 |
| Total bois de trituration |
9 413 |
53 115 |
14 672 |
91 319 |
5 706 |
174 225 |
-9,6% |
11 480 254 |
| Feuillus |
1 150 |
787 |
1 362 |
3 754 |
2 358 |
9 411 |
31,2% |
308 040 |
| Résineux |
1 568 |
1 486 |
29 |
8 688 |
2 255 |
14 026 |
22,4% |
195 597 |
| Total bois d'industrie divers |
2 718 |
2 273 |
1 391 |
12 442 |
4 613 |
23 437 |
25,8% |
503 637 |
| Bois énergie |
12 062 |
4 036 |
13 231 |
23 196 |
1 983 |
54 508 |
51,4% |
3 069 382 |
| Total bois d'industrie et feu |
24 193 |
59 424 |
29 294 |
126 957 |
12 302 |
252 170 |
2,0% |
15 053 273 |
| TOTAL RECOLTE |
73 408 |
222 595 |
75 125 |
327 142 |
44 800 |
743 070 |
1,9% |
36 540 712 |
| |
Production de sciages (en m3 de sciages) |
| Chêne |
5 916 |
2 786 |
20 244 |
7 028 |
7 129 |
43 103 |
10,9% |
843 700 |
| Hêtre |
416 |
220 |
7 703 |
1 010 |
1 283 |
10 632 |
109,5% |
417 785 |
| Peuplier |
4 381 |
11 659 |
321 |
3 825 |
337 |
20 523 |
-5,6% |
359 670 |
| Autres feuillus |
1 161 |
2 779 |
2 203 |
929 |
6 680 |
13 752 |
-12,2% |
178 634 |
| Total feuillus |
11 874 |
17 444 |
30 471 |
12 792 |
15 429 |
88 010 |
8,2% |
1 799 789 |
| Pin maritime |
7 601 |
20 224 |
129 |
7 151 |
17 484 |
52 589 |
-1,6% |
1 619 401 |
| Douglas |
1 590 |
1 747 |
4 721 |
2 173 |
18 381 |
28 612 |
24,9% |
855 335 |
| Pin sylvestre |
3 636 |
1 100 |
977 |
530 |
12 170 |
18 413 |
-6,3% |
635 330 |
| Autres résineux |
4 698 |
981 |
2 738 |
830 |
13 704 |
22 951 |
7,1% |
4 939 560 |
| Total résineux |
17 525 |
24 052 |
8 565 |
10 684 |
61 739 |
122 565 |
4,4% |
8 049 626 |
| Bois tropicaux |
61 446 |
0 |
0 |
100 |
18 754 |
80 300 |
-8,0% |
142 768 |
| TOTAL SCIAGES |
90 845 |
41 496 |
39 036 |
23 576 |
95 922 |
290 875 |
1,7% |
9 992 183 |
| Dont sciages sèchés |
25 310 |
1 277 |
11 301 |
0 |
79 115 |
117 003 |
6,3% |
806 059 |
| |
Produits connexes de scierie (en tonnes) |
| Trituration |
17 865 |
29 704 |
15 546 |
8 728 |
21 970 |
93 813 |
6,0% |
4 670 481 |
| Autres utilisations |
20 073 |
23 007 |
9 650 |
17 790 |
64 788 |
135 308 |
9,5% |
4 012 483 |
| Total produits connexes |
37 938 |
52 711 |
25 196 |
26 518 |
86 758 |
229 121 |
8,0% |
8 682 964 |
Source : Agreste - Enquête exploitations forestières et scieries 2006 |